Budget provincial: déception chez les organismes communautaires

2021-03-25 - Dévoilé aujourd'hui à 16 heures, le budget du ministre des Finances n'a pas soulevé l'enthousiasme des organismes communautaires régionaux.

Selon Marie-Ève Duclos, coordonnatrice de la Concertation régionale des organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue (CROC-AT), le gouvernement a privilégié le béton à l’humain et le privé au public dans ses investissements, puisque l'argent sera majoritairement octroyé à la construction d’écoles, de maisons d'aînés, aux routes, ainsi qu'à l'électrification des transports collectifs. D'après ses calculs, le budget présenté n'accorderait, en fait, que 5000 dollars à chaque organisme de la région.

Alors qu'on s'attendait à des investissements dans des actions concernant le soutien aux femmes, vu la vague de féminicides que la province connaît, Québec annonce un faible rehaussement de 22,5M$ sur 5 ans, pour augmenter le nombre de places dans les maisons d'hébergement. Brigitte Arseneault, intervenante au Centre Entre-femmes, déplore que le budget n'ait pas prévu des investissements plus importants pour la création de places en garderie, qui pourtant constitue un besoin criant pour les femmes.

Enfin, Guy Leclerc, co-porte-parole de la Coalition Anti-Pipeline Rouyn-Noranda considère que le gouvernement s'est montré très timide en regard de l'environnement, car aucun nouvel investissement n’est prévu pour réduire les gaz à effet de serre et accélérer la transition énergétique. Il est notamment déçu du fait que Québec ne pose pas de gestes forts à ce sujet et surtout, qu'il ne rejette pas le projet de GNL Québec.


Par ailleurs, si le gouvernement avait déjà annoncé un déficit historique de 15 milliards de dollars cette année, le ministre Eric Girard a indiqué aujourd'hui qu'un retour à l'équilibre budgétaire ne se fera pas d'ici 2027-2028 et que la pandémie coûtera 30 milliards de dollars au Trésor public.

Selon le plan mis de l'avant par le ministre Girard, pour la suite des choses, le gouvernement va d'abord s'atteler à vaincre la pandémie en 2021, avant d'oeuvrer au retour au plein emploi en 2022 et retrouver le plein potentiel économique du Québec en 2025.

Sans surprise, le secteur de la santé est celui qui est privilégié, alors que le gouvernement estime que 9 milliards ont été dépensés pour faire face à la crise sanitaire.

D'autre part, dans le but d'effacer le déficit de 6,5 milliards qui traîne toujours, Québec prévoit des compressions budgétaires de 1,3 milliard par année, à partir de 2023-24.

On prévoit donc la disparition de 5000 postes de fonctionnaires, en plus de l’abolition de programmes jugés obsolètes.

Toutefois, le ministre des Finances a mentionné clairement que le fardeau fiscal des Québécois n'en subirait pas les conséquences.